Un plan ORSEC individuel…
Nous réfléchissons volontairement au cas extrême, c’est à dire après un bref épisode de flambée des prix, puis de lacunes dans les approvisionnements, une absence totale et définitive de pétrole. Pourquoi ? nous trouvons que ce scénario est le plus probable car nous ne croyons pas à de la demi-mesure en matière d’approvisionnements pétroliers : si le pétrole vient à manquer ce sera au niveau planétaire. Chaque pays va alors essayer de tirer la couverture à soi et cela aura pour résultat que le plus fort aura probablement recours à la force (et ce n’est pas nous les plus forts) : ce qui n’a pas de sens car le sursis pour lui, sera de courte durée… mais a-t-on déjà vu un drogué devenir raisonnable en cas de manque ? Par ailleurs nous avons du mal à imaginer que le fonctionnement de notre société actuelle puisse subsister au moyen d’un pétrole rationné, c’est à dire un camion citerne par-ci, par-là, s’il arrive à destination sans encombres… car un convoi de pétrole sera probablement pris d’assaut ou détourné, quelque part au cours de sa longue route, depuis le lieu de production. Et il ne faut pas oublier que la société moderne est un système très complexe où tout est lié, et qui ne tient que s’il y a de la croissance : si un organe flanche, ou que la pression baisse, c’est la syncope. L’élément déclencheur du chaos ne sera donc pas l’absence de pétrole (il y en aura toujours sur la planète) mais le pic et l’après-pic, c’est à dire lorsqu’il n’y en aura plus suffisamment et même rapidement de moins en moins pour faire face à une demande en forte croissance… Il vaut donc mieux s’organiser et ne plus trop compter sur le pétrole dès qu’il sera devenu insuffisant pour satisfaire toutes les demandes. Cette ressource est cependant à l’origine du fonctionnement de tout ce que nous connaissons, et il faut donc s’attendre à une panne sèche généralisée et définitive : la planète va " s’éteindre " avec la fin du pétrole. La question à se poser alors est " qu’est-ce que je fais si demain matin il n’y a plus d’eau au robinet, plus d’électricité, plus de quoi manger" (les magasins pris d’assaut, sont rapidement vidés). Il n’y a aucun espoir d’un secours quelconque à attendre, puisque la situation est planétaire et définitive. Nous avons beaucoup de mal à imaginer le scénario : si l’arrêt de la circulation de tous les poids lourds peut s’envisager puisque nous avons goûté plusieurs fois aux grèves des routiers, c’est encore différent s’ils s’arrêtent définitivement et sans espoir de reprendre la route : cela signifie qu’il n’y a définitivement plus d’approvisionnements alimentaires et autres, plus d’approvisionnement ni de desserte de toutes les usines et entreprises qui sont donc toutes à l’arrêt. La conséquence la plus importante reste cependant la fin des arrivages alimentaires pour la population des villes… et des campagnes. Il est ensuite encore moins évident de s’imaginer l’absence d’électricité qui entraînera l’arrêt de la vie moderne : les médias (téléphone, radio, télévision, internet) s’arrêtent de fonctionner, en même temps que cessent les possibilités de s’éclairer, de se chauffer, de faire fonctionner tout l’électro-ménager, ou de faire tourner encore un quelconque moteur… etc..etc.. Plus grave : les pompages d’eau potable s’arrêtent également. Mais pourquoi n’y aurait-il plus d’électricité, après le pétrole, alors que le courant électrique est d’origine nucléaire, en France : le nucléaire est en effet l’argument que l’on nous oppose généralement lorsqu’il est question de notre vision " catastrophiste " de fin du pétrole. L’exode urbain que nous prévoyons est, en dehors de la fin des approvisionnements de nourriture, également le fait de la disparition dans le pays de l’énergie électrique : or tout le monde se rassure du fait que l’électricité en France est nucléaire, et donc, n’est pas tributaire du pétrole si celui-ci vient à manquer. Or par une simple méthode de " traçabilité " nous en venons à la déduction que les centrales nucléaires s’arrêtent de fonctionner si les approvisionnements de pétrole viennent à être réduits puis cessent en raison de la diminution des ressources et des conflits qui ne manqueront pas de survenir. L’absence de pétrole engendrera un chaos difficile à imaginer dans une société où quasiment tout en est dépendant : les voitures individuelles, les camions, les bateaux et les avions cessent de fonctionner et avec eux la production et les approvisionnements de nourriture pour l’ensemble de la population, les arrivages de toutes les matières premières qui approvisionnent habituellement les usines – où les ouvriers ne se rendront plus faute d’e nourriture pour eux et leurs familles, et aussi simplement faute de carburant – et s’ils s’y rendaient il serait impossible de faire tourner l’usine faute de matières premières et de possibilité de maintenance (plus d’arrivage de personnel et de matériel pour l’entretien, et le dépannage – absence de pièces de rechange et de lubrifiants pour les machines), mais aussi disparition des débouchés, car il est inutile de fabriquer encore quoi que ce soit puisque non seulement on ne peut l’acheminer nulle part faute de camions, mais on n’a simplement plus besoin et plus d’acheteurs pour ce qui est éventuellement produit dans une usine. Or une centrale nucléaire n’est rien d’autre qu’une usine : elle devra être arrêtée pour des raisons évidentes de sécurité : le personnel qui n’est pas sur place ne pourra plus s’y rendre, et celui qui s’y trouve aura d’autres préoccupations s’il n’y a plus aucun approvisionnement alimentaire pour eux et leurs familles ; la centrale sera coupée du monde comme tout le reste aussi, (l’uranium aussi est loin) et elle ne pourra pas tourner si l’on ne peut pas assurer la maintenance ainsi que le fonctionnement de tout le réseau de distribution faute d’une armada de voitures et camions. Espérons d’ailleurs qu’un arrêt d’urgence sera possible, et qu’une centrale abandonnée ensuite à elle même ne représente pas de risque pour son environnement, car cet arrêt sera définitif et il n’existera après le pétrole plus aucun moyen technologique pour entretenir, réparer ou intervenir de quelque façon que ce soit. Cette règle est d’ailleurs aussi applicable pour ce qui est du stockage des déchets nucléaires, ainsi que pour toutes les installations comportant des risques chimiques et bactériologiques. Cette question n'est d’ailleurs pas vraiment abordée par les anti-nucléaires… Il est donc inutile de compter sur l’énergie nucléaire après le pétrole, et il en est de même de toutes les autres énergies alternatives puisqu’elles en sont dépendantes de la même façon. Ceci fait qu’il y aura bel et bien disparition de l’approvisionnement en électricité, cela induisant notamment l’arrêt de l’éclairage électrique mais surtout de l’eau potable (arrêt des stations de pompage) dans tous les villes et villages. C’est ainsi que nous en venons à notre scénario d’un inévitable exode urbain vers les campagnes, en raison de la nécessité urgente de trouver de l’eau et de la nourriture. Il convient alors de distinguer le scénario selon que l’on est citadin ou campagnard : Le premier sera fort dépourvu par la disparition de tout ce qui permet de vivre en ville. Et il devra certainement très vite envisager de la quitter faute d’eau potable (pompes et épuration s’arrêtent), faute aussi de nourriture (plus de camions pour l’approvisionnement, ni de production agricole). Il ne faut pas plus d’une journée pour vider les magasins en cas de panique. Le second sera dans la même situation sauf qu’il n’aura peut-être pas besoin de " déménager " s’il se trouve dans un village pas trop important, de sorte que les terres autour sont suffisantes et facilement accessibles pour en vivre. Mais à quoi doit penser le citadin qui s’intéresse à la fin du pétrole ? Une très petite densité de population reste possible en ville (si l’on a une source d’eau potable) dans la mesure où quelques uns arriveront à organiser une autarcie au moyen des stocks de matériels qu’ils pourront trouver dans les magasins, et à condition par la suite ils puissent mettre en culture les gazons et places publiques, les zones vertes et les bordures des autoroutes (désertes), par exemple. Encore faut-il disposer de l’outillage et des semences nécessaires. Mais la grande majorité des citadins devra probablement quitter la ville pour aller émigrer vers les campagnes dans le but d’y trouver des ressources. On peut, dès maintenant, virtuellement, essayer de passer en revue les différentes destinations que l’on pourrait prendre le moment venu, avec quels bagages et par quels moyens : Quelles sont dans ce cas les destinations envisageables : - la parenté : si on a des parents à la campagne on peut envisager de se rendre chez eux. Il faudra bien sûr résoudre les problèmes d’entente et de promiscuité engendrés par la venue de ces parents de la ville, désireux de s’installer probablement pour un moment, si ce n’est définitivement… Il faudra ensemble trouver les moyens de subvenir aux besoins de tous. Mais cela se fera de toute façon à l’échelle de tout le village, car c’est une vraie opération survie qui va devoir s’organiser, tous ensemble… Les villages seront aussi coupés du monde pour ce qui est de tous les approvisionnements et moyens de communication.
- les connaissances de la campagne : des amis à la campagne ? ils peuvent aussi être une destination, un peu comme le serait la parenté. Avec bien entendu les mêmes problèmes à résoudre.
- d’anciens lieux de vacances : sauf s’ils sont trop éloignés, ce qui est le plus souvent le cas à l’ère de la voiture ; mais on peut avoir connaissance d’endroits ou de sites qui seraient en fait des lieux de vie campagnards, pas trop lointains : la présence d’eau potable et de terres à cultiver sont les premières conditions qui doivent être réunies pour un tel lieu de vie. Une migration peut éventuellement s’envisager sur plusieurs jours.
- direction la campagne, au hasard : ce sera probablement le sort de la plupart des citadins : en raison des capacités de déplacements réduites – l’essentiel se faisant certainement à pied – ce sont les villages environnant les villes qui verront affluer le plus grand nombre de personnes. Bien entendu ces voyageurs migrants pourront dans les jours suivants poursuivre leur route pour aller plus loin. Les villages de banlieues surpeuplés n’arriveront pas à satisfaire les besoins, de sorte que nécessairement il vaudra étaler l’émigration : il se posera toutefois de gros problèmes d’intendance… car on ne marche pas l’estomac vide, le dos chargé, si l’on est un citadin pas du tout habitué à ce type d’efforts.
- au final il faudrait que la population se répartisse en fonction des terres arables disponibles dans le pays : une plus forte concentration est possible là où la terre est vaste et bonne à cultiver (ce qui est souvent le cas aux alentours des villes) ; mais nous pensons que cela se fera spontanément. Distances et moyens de transport : - la destination campagne sera probablement limitée à un petit rayon en raison du problème posé par l’absence de moyens de déplacement : automobiles et transports en commun sont définitivement en panne sèche, les bicyclettes modernes ne sont pas équipées pour porter de lourdes charges sur de grandes distances, absence de charrettes et poussettes. Restent les pieds… mais à pied on ne peut pas emporter beaucoup de matériel.
- On pourrait envisager un exode motorisé, au moyen des automobiles, dans la mesure où les réservoirs contiennent un dernier plein : cela implique cependant qu’en raison de la pénurie le réservoir n’ait pas été siphoné (le contenu volé), que l’on ne se fasse pas pirater en cours de route, et enfin cela limite l’exode automobile à la distance que l’on peut parcourir avec le contenu du réservoir. Cela aurait le gros avantage de pouvoir emporter plus de biens utiles, et d’être moins épuisant.
Qui emmener : Çà peut paraître bizarre et inquiétant comme question, mais nous préférons ne pas nous voiler la face : il y aura des problèmes dramatiques si nous avons des enfants en bas-âge et des personnes vieilles voire quasiment impotentes, alors que tout le monde doit partir à pied pour trouver à boire et à manger. Et les animaux domestiques (il y aura des problèmes pour leur alimentation et leur promiscuité)… chien, chat, çà peut aller, mais çà se complique si l’on veut emmener en plus les poissons, les souris blanches, le hamster et le cobaye. Quoi emporter : Il faudra essayer d’emporter un maximum de choses indispensables à la survie : effets vestimentaires chauds (même en été, en prévision de l'hiver) et couchage, chaussures et bottes… (les chaussants poseront un gros problème dans le futur…) Simplement parce qu’après le pétrole nous ne pourrons plus aller acheter quoi que ce soit – puisqu’il n’y a plus ni commerce ni production ou acheminement d’une production quelconque… Il nous faudra faire durer les vêtements le temps de pouvoir en fabriquer nous-mêmes : et pour cela il faut envisager l’élevage et la tonte de moutons (ensuite le cardage, filage, tricot ou tissage) ou la culture de fibres textiles (en plus des indispensables cultures vivrières) et là aussi, la préparation de ces fibres puis filage et tissage ou tricot… N’oublions pas que la situation est définitive et que le pétrole ne reviendra plus. Si l’on voulait entrer dans les détails – et ce serait utile – il faudrait p.ex. songer à emporter les diverses paires de lunettes que l’on a dans les tiroirs car on ne pourra en fabriquer de si tôt, etc… Nous nous sommes aussi posé la question des prisons : on ne peut décemment pas laisser mourir de faim et de soif les prisonniers et il faudra donc leur ouvrir les portes pour les remettre en liberté : les délits étant surtout liés à la société moderne nous espérons que dans une société de survie et choquée psychologiquement ce sera l’occasion d’un autre état d’esprit. Les hôpitaux seront aussi désertés avec les conséquences que cela implique. Et le campagnard ? Il ne sera pas beaucoup mieux loti que le citadin car lui aussi n’aura plus ni eau, ni électricité ni approvisionnement d’aucune sorte. Nous serons tous ensemble des Robinson Crusoé sur notre île déserte, et devrons nécessairement nous entendre si nous ne voulons pas mourir de faim et de froid… L’habitant de la campagne a néanmoins le gros avantage d’être " sur place " pour travailler la terre. (voir aussi le plan ORSEC au niveau du village) Il n’a pas besoin de faire ses bagages parce que son lieu de vie n’en est plus un (sauf dans les gros bourgs où il n’y a pas moyen de trouver de l’eau potable, par exemple) Et si le citadin ne peut pas - faute de place et de moyen de transport pour emporter - stocker grand chose, le campagnard doit/peut prévoir d'autant plus. Plus il sera près d’une ville, plus il verra affluer rapidement une masse de personnes cherchant refuge et casse-croûte. Heureusement qu’en général les terres entourant les villes sont de bonne qualité agricole. Mais encore faut-il qu’elles ne soient pas trop dégradées par l’agriculture intensive, et que selon la saison, (car il faudra peut-être passer l’année), l’on dispose quelque part de stocks suffisants d’aliments, même si ce sont des aliments pour le bétail… (ceux-ci pourraient servir à l’alimentation humaine en cas d’un risque de famine qui n’est pas à écarter). Les villageois ont donc intérêt à stocker un maximum de choses nécessaires à tous et qui, dans l’immédiat après-pétrole ne seront plus réalisables...(il faudra, de façon désintéressée, partager les lieux et les biens avec les autres "naufragés"). Il n’y aura pas moyen de fabriquer des casseroles métalliques, du verre, des vêtements et de la literie (il n’y aura probablement plus d’énergie pour se chauffer et le bois devenu rare sera à réserver à la forge et la cuisine : d’ailleurs on ne pourra pas le couper facilement faute d’outils, et le bois vert ne brûle pas). Les outils agricoles et de jardin - à condition qu'ils soient solides - s’avéreront vitaux pour cultiver manuellement la terre en l’absence de tracteurs et toutes machines. Il faut juste espérer trouver quelque part (en principe chez les rares agriculteurs) suffisamment de stocks de semences. Pour toutes ces raisons il est utile aussi de connaître les plantes sauvages comestibles, et de s'exercer au jardinage des céréales, légumineuses, oléagineux, racines... (plutôt qu'aux fleurs exotiques :-) Apprendre à cultiver sans engrais chimiques ni produits de traitement, faire ses propres semences car on ne pourra plus en acheter. Ce qu'il faudrait stocker ? la liste serait longue (voir aussi à l'échelle du village) mais il faut réfléchir à ce dont on aura besoin de vital et que l'on ne pourra plus acheter ou fabriquer lorsque la société industrielle aura subitement cessé de fonctionner : tous les outils pour tous les artisanats (manuels bien entendu), tous les outils agraires pour tous types de travaux agricoles, matériel manuel de sciage et de bucheronnage y compris matériel pour l'entretien du matériel p.ex. limes et pinces à avoyer, un minimum ou plutôt maximum ? de matériels du genre briquets, allumettes (on ne peut plus en fabriquer et distribuer sans pétrole) bougies et/ou lampes à huile, un stock d'aliments (dont sel, huile) - un peu à la façon de ce qui se fait/faisait ? en Suisse, des semences en tout genre... certains aménagements seront indispensables : cuisinières à bois et tuyauterie correspondants... à condition qu'il y ait un conduit de cheminée dans la maison... etc... etc... Le scénario de la fin du pétrole différera selon qu’il arrive au printemps (en principe les semis de céréales sont faits) en été (cela donne un petit répit pour s’organiser avant le froid) en automne (les récoltes devront se faire manuellement) ou en hiver (çà risque d’être la période la plus dure s’il doit se produire un exode urbain à ce moment là…) Et il conviendrait, là, d’étudier chaque cas " saisonnier " : mais c’est plutôt du ressort de la collectivité villageoise. Notre idée de plan ORSEC après-pétrole au niveau du village demanderait donc à être affiné en fonction des saisons, et nous allons essayer de nous y atteler rapidement. Les volontaires pour y réfléchir avec nous sont les bienvenus. Il devra aussi tenir compte des situations diverses, propres à chaque village, comme nous en avions parlé dans la rubrique " un plan ORSEC au niveau de chaque village " : mais à ce niveau là ce ne sont que les personnes sur place qui peuvent faire des projets préventifs efficaces. A bon entendeur… L’état d’esprit : il est important d’en tenir compte. La fin du pétrole et la fin de la société moderne entraînera dans les esprits un choc difficilement imaginable tant que nous baignons encore dans le monde moderne. On n’arrive pas bien à se rendre compte de ce qui va se passer dans notre tête et dans celle des gens lorsque nous remarquerons que nous sommes comme Robinson Crusoe – à tout jamais – car il n’y aura pas un bateau vers la société moderne – livrés à nous-mêmes sur notre continent certes hospitalier, mais d’où ont disparu tous les moyens et artifices possibles grâce au pétrole, c’est à dire tout ce qui permettait jusqu’alors notre vie quotidienne relativement facile… Nous espérons qu’il naîtra une solidarité nouvelle et suffisante du fait que nous deviendrons conscients que nous sommes tous sur le même bateau et que de notre entente, de notre organisation et de notre travail commun dépend notre vie ou notre mort… Ceci est la première étape que nous envisageons pour la fin du pétrole : le chaos et l’organisation en urgence de la survie de tout le monde. L’étape suivante sera celle d’une organisation durable et équilibrée de la vie quotidienne : elle devrait, à terme, déboucher sur un certain confort et aisance pour tous et il n’y a aucune raison pour que la société humaine de l’après-pétrole ne soit pas au moins aussi agréable que celle des milliers d’années qui ont précédé notre siècle de fêtards… Mais là c’est le chapitre suivant, auquel nous réfléchissons aussi dès à présent : on peut néanmoins se rassurer en se disant que l’humain s’est passé de pétrole pendant des milliers d’années – et il a très bien vécu se permettant même un luxe de monuments et batailles – le pétrole c’est juste un siècle, mais cela nous impressionne parce que nous sommes " tombés dedans étant petits " et nous n’avons pas connu autre chose. Un enfant né après le pétrole trouvera tout naturel de ne pas en avoir et sourira lorsque nous lui raconterons le monde passé… Le chaos après le pétrole Des pessimistes, parmi lesquels on nous classe, parce que nous estimons que l’insuffisance des réserves pétrolières est imminente, aux optimistes, qui estiment que nous pouvons encore durer une ou même quelques dizaines d’années… aucun des deux " camps " n’a – en l’état actuel des connaissances – d’alternative à proposer à la fin du pétrole : les divergences basent simplement sur une question de temps, de délai avant la fin du pétrole. Le compte à rebours est donc bel et bien avancé, et inéluctable : or que ce soit pour demain ou pour après-demain, nous estimons qu’il est indispensable de réfléchir à la question… laisser venir, mais être prêt à tout : c’est la seule chose que nous puissions faire et c’est devenu un peu notre devise.
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