"Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité." (Mahatma Gandhi)

Un plan Orsec pour chaque village

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(ceci est un projet succint - appelé à être encore mis à jour – mais que dès à présent chacun peut compléter et développer, seul ou en groupes, en l’adaptant à chaque situation particulière)

Il y a ceux qui considèrent que le pétrole suffira encore le temps de ce qui leur reste à vivre – les enfants se débrouilleront - et il y a ceux qui pensent que l’on trouvera autre chose... Et il y a ceux qui préférent prendre les devants : le pétrole est un produit qui ne se renouvelle pas sur la planète. Compte tenu de ce qui a été extrait, de la demande mondiale croissante, des manipulations qui entourent les chiffres des réserves disponibles, il n'est pas impossible d'envisager un chaos engendré par l’arrêt prochain des approvisionnements pétroliers dans nos sociétés modernes.

Distinguons pour ces effets et conséquences deux grandes étapes :

  • l’arrêt du pétrole, avec l’arrêt de tout ce qui est dépendant du pétrole dans notre société, c’est à dire l’arrêt de tout ce que nous connaissons. Et ce définitivement : le pétrole ne réapparaîtra pas. L’idée de ce plan ORSEC est là pour cela.
  • l’après-chaos, c’est à dire le moment où, après l’urgence, nous commençons à réorganiser la vie sans le pétrole, et où nous retrouverons peu à peu le confort et la suffisance alimentaire et autre : il n’y a aucune raison pour que nous n’atteignons pas la qualité de vie très élaborée que l’on trouve dans certaines civilisations anciennes, avec, en plus, un nouvel état d’esprit orienté vers plus de sagesse… Cette nouvelle société, qui a devant elle les siècles à venir (sans le pétrole, bien sûr) nous pouvons et devons également y réfléchir dès à présent. Nous y reviendrons plus tard, car ce qui nous intéresse pour l’instant c’est d’es sayer de parer au plus urgent…

 

En admettant notre scénario de l’après pétrole, que va-t-il se passer lorsque la crise arrivera ?

La fin de l’approvisionnement pétrolier va tarir les carburants à la pompe : vont cesser tous les transports individuels, publics, commerciaux (poids lourds), tracteurs, vont s’arrêter de fonctionner les usines (impossibilité pour les ouvriers et employés de se déplacer, ils sont de toute façon préoccupés par l’impossibilité de s’approvisionner en nourriture une fois que les grandes surfaces ont été prises d’assaut et vidées…)

Pour les mêmes raisons les centrales électriques s’arrêtent ou doivent être arrêtées. Les médias et le téléphone cessent de fonctionner.

Il convient alors de faire la distinction de ce qui va se passer dans les villes, grandes et petites, et dans les villages.

Dans les villes, en l’absence d’eau, d’électricité, de nourriture (après avoir vidé les grandes surfaces), de moyens de communication, il ne restera aux habitants que la solution de quitter la ville avec les moyens du bord, en emportant l’indispensable qu’il est possible d’emporter. Direction la campagne puisque l’on supposera que c’est chez les agriculteurs que l’on trouvera de quoi se nourrir.

Nous y revenons dans le titre " un plan orsec individuel "

Dans les campagnes, les villages ne sont malheureusement pas mieux lotis que les villes : fin de l’approvisionnement en eau potable, et en nourriture, arrêt des moyens de transport et de communication.

En outre, et c’est ce qui va poser les plus gros problèmes, les villages verront très vite arriver tous les citadins en quête de nourriture et d’eau mais aussi de logis.

Que pourrait-on faire pour limiter le chaos ?

Les responsables communaux seront les premiers sollicités, d’où l’intérêt pour les Mairies et Conseils Municipaux d’avoir préalablement réfléchi à la question. Il doit en fait exister un plan ORSEC pour les cas de guerre – mais je n’en connais pas le contenu - et la situation ne sera pas la même : il n’y aura aucune menace ennemie, et l'arrivée massive de tous les citadins n'y est pas prévue, ni le côté définitif de la situation et la disparition de toute technologie.

La première mesure à prendre – et on pourrait le faire à l’avance – c’est de faire l’inventaire de tout ce qui existe dans le village :        

  • Points d’eau potable : il n’est pas du tout certain qu’il y en ait encore et suffisammenten état de fournir de l’eau propre, en l’absence d’arrivée d’eau au robinet. L’eau potable est une priorité car sans eau on ne peut pas survivre longtemps. Y a-t-il des puits non pollués, des pompes à bras, des sources ou des ruisseaux et où sont-ils situés et dans quel état sont-ils actuellement ? Il faudrait les remettre en état.
  • Stocks alimentaires : quels sont les stocks dont dispose chaque habitant du village dans sa maison et ses réserves, quels sont les stocks (s’ils n’ont pas été dévalisés) existant dans les magasins et grandes surfaces alentour ? Il faudra les mettre en sécurité et les répartir, car en l’absence d’agriculture industrielle il ne faut pas compter sur un nouvel arrivage quelconque.
  • Quels sont les stocks de céréales et autres aliments – y compris pour le bétail, car certains peuvent nourrir les humains (maïs, betteraves, etc..) - chez les agriculteurs ? Selon la saison il faudra pouvoir nourrir tout le monde jusqu’à la prochaine récolte. (sachant que les travaux agricoles devront se faire dorénavant à la force des bras de tout le monde, faute de pétrole, et sans engrais ni traitements chimiques). Il y aura des risques sérieux de famine : les terres sont épuisées par des décennies d’agriculture chimique industrielle, la fin du pétrole verra la fin des engrais chimiques et des produits de traitement. Or il n’est pas possible d’escompter des récoltes suffisantes en cultivant manuellement et sans artifices une telle terre. Il va y avoir un manque de toutes les semences, dès la première année mais surtout l’année suivante car les récoltes escomptées devront également produire en quantité suffisantes les semences pour les cultures de l’année qui suit… or ce n’est pas du tout évident.
  • Etat des stocks vestimentaires, couvertures et literie : vu que l’on ne pourra pas les renouveler dans l’immédiat : en l’absence d’importations, de matières premières et d’usines de production, il faudra dorénavant prévoir la confection manuelle artisanale de tout cela, mais aussi la production des matières premières (fibres textiles)… Les vêtements modernes ne sont pas du tout adaptés à un mode de vie rustique (usure et manque de chauffage en hiver) idem pour la literie.
  • Liste des acteurs du " savoir-faire " : artisans en tous genres, en étant conscient du fait que les moteurs ne fonctionnent plus et qu’il faudra dorénavant faire à la main.
  • Inventaire de la situation immobilière du village : surfaces de terres cultivées, prairies, friches, bois et forêts ; toutes ces terres devant être travaillées manuellement et il faudra nécessairement en tirer ce dont on a besoin (nourriture, habillement, bois de cuisine et d’œuvre, de clôtures (disparition du grillage et fil de fer)… etc..etc..
  • Inventaire de tout le cheptel du village : y a-t-il des élevages industriels (qui devront être démantelés en l’absence de nourriture industrielle pour le bétail, d’électricité pour leur fonctionnement leur chauffage et éclairage, de la traite, absence d’eau d’abreuvement etc..)
  • Inventaire des plantes sauvages comestibles : de très nombreuses plantes sauvages peuvent se manger et nous risquons fort d’en avoir grand besoin, le temps de mettre sur pied une agriculture autarcique efficace.
  • Inventaire de la faune sauvage : la présence en surnombre de certains gibiers pourront poser des problèmes au niveau de l’agriculture, et en l’absence de chasse.
  • Inventaire des bâtiments et des dépendances : il faudra pouvoir loger tout le monde y compris la masse des citadins, mais par ailleurs il faudra rationner le bois qui risque de devenir très rare puisque ce sera la seule source d’énergie possible pour tout faire. (cuisiner s’il y a des cuisinières à bois, chauffer les maisons qui sont équipés de conduits de cheminées et de poêles, (le chauffage sera secondaire après le bois de cuisine, et le charbon de bois pour la forge et réparation de l’outillage, ainsi que celui nécessaire aux clôtures pour protéger les cultures du bétail et du gibier)
  • Inventorier les possibilités de moudre le grain manuellement ou au moyen de la force hydraulique, de même que l'existence de fours à pain fonctionnant au bois.
  • Inventaire des outils manuels et des machines disponibles dans le village (éventuellement traction animale bien qu’il n’y aura probablement pas ou peu d’animaux de trait)

Quelles actions concrètes pourrait-on mener préventivement au niveau d’un village ?

  • Planter noyers, noisetiers, fruitiers… : un noyer met 15 à 20 ans à produire des noix, un taillis met 10 ans à produire du bois de chauffage…
  • Economiser et organiser les bois et forêts : le moment venu ce sera la seule énergie disponible pour cuisiner et pour les travaux de forge ;
  • Ne pas jeter ce qui peut être utile : stocker un maximum de ce qui pourra un jour resservir, et que l’on ne pourra plus fabriquer dans l’immédiat.
  • Conserver et développer les variétés anciennes et résistantes de fruits et légumes, stocker suffisamment de semences pour cultiver la terre le moment venu (deux années de semences au minimum)
  • Ne pas jeter tous outils et machines manuelles et traction animale
  • Entretenir harnachements et élever des animaux de trait
  • Fabriquer des charrues, herses, et autres machines agricoles à traction humaine ou animale, fabriquer des millions d’outils manuels (il y a des usines qui savent faire et qui ferment)
  • Prévoir et organiser l’abandon des points dangereux tels centrales nucléaires, laboratoires de recherche avec stocks dangereux de produits chimiques ou bactériologiques : ils seront ensuite livrés à eux-mêmes sans plus de possibilité technologique pour les entretenir ou " tenir en respect "
  • Réfléchir à la situation : essayer de s’imaginer ce qui se passe en l’absence de pétrole, et dans les circonstances que nous décrivons ici… essayer de prévoir ce que seront les réactions et les besoins de tout le monde…
  • " Démembrer " tout ce qui a été remembré : les haies auront de nouveau une importance vitale : alimentaire, bois de taillis, utilitaire (vannerie), nourriture du bétail, clôtures, protection contre l’érosion, maintien de la bio-diversité, etc… il faut en replanter un maximum, les plus diversifiées possibles.
  • Réparer et construire des fours à pain fonctionnant au bois, de même que les possibilités de mouture du grain (remettre en état les moulins hydrauliques).
  • Se préparer à un autre état d'esprit : la société moderne a fait de nous des individualistes et égoïstes sous des apparences altruistes. Après le pétrole nous renouerons avec d'authentiques motivations pour satisfaire à la fois notre envie d'individualisme, et parallèlement (d'abord par nécessité mais ensuite parce que c'est plaisant) notre envie d'agir collectivement face au défi que représente la naissance d'une vie nouvelle, destinée à être agréable pour tous. En l'absence des possibilités de tricher que nous avions généralisées, nous serons tous à armes égales dans un autre et nouveau monde...

>>> Un plan Orsec individuel >>>

Commentaires  

 
+2 #1 Romain 22-06-2009 04:21
J'aimerais penser à ce scénario
j'aimerais voir celà comme on voit un film.

Mais si cela se fait, cela ce fera sur une très longue période et malheureusement pas sans heurts
Les hommes vont s'entredéchirer avant de comprendre qu'il faut remplacer de nouveau le pétrole par la sueur!!!!
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